Odette, aujourd'hui
à la retraite, s'est fait un "road trip" comme diraient les jeunes.
Elle a parcouru plus de 2 000 km dans toute la France pour revoir une tante par
alliance et des amis d'enfance, dont elle avait perdu la trace depuis plus de
50 ans.
Dans l'ordre : Bordeaux, Toulouse, Narbonne, Martigues, Marseille, Toulon et
Salernes. Un voyage porté par l'envie de revoir des personnes chères,
d'anciens camarades d'école et des voisins de quartier.
C'est un grand voyage que vous avez entrepris, qu'est-ce qui vous y a poussé ? Odette : Tout simplement l'envie ! J'ai retrouvé plusieurs
personnes via Copains d'avant, d'anciens amis de Constantine, cette ville du nord-est
de l'Algérie. De plus, la fille de ma tante par alliance a vu ma fiche
sur le site et m'a contactée au nom de ses parents. D'autres recherches
sur Internet m'ont permis de compléter ma petite liste de personnes retrouvées.
En tout, cela fait une quinzaine de personnes.
Quels ont été les moments forts de ce périple ? A Narbonne, j'ai donc revu ma tante et mon oncle par alliance (mon grand-père
s'étant remarié). Ils ont à présent plus de quatre-vingt
ans. Quand je suis arrivée, je les ai vus qui guettaient mon arrivée
par la fenêtre. Ils ne pouvaient pas vraiment savoir à quelle heure
j'allais arriver. Je me suis demandée depuis combien de temps ils attendaient
ainsi...
A Marseille, j'avais donné rendez-vous à 8 anciens camarades
de Constantine dont Armande, Huguette et Arlette. J'ai fait ce jour-là
une petite blague à Yves, aujourd'hui le mari d'Huguette. Quand on était
adolescent, c'est avec lui que j'ai échangé mon premier baiser.
Je m'en souviens très bien, c'était dans son jardin, sous un figuier.
Lorsque nous nous sommes revus, je lui ai demandé qu'on se prenne en photo
tous les deux. Et là j'ai sorti de mon sac une branche de figuier ! Ça
l'a fait bien rire !
C'est sans doute Liliane-Gabriele qui a été la plus émue
de tous. Elle avait dû quitter l'Algérie précipitamment et
n'avait pu emporter aucun souvenir. Elle a été tellement heureuse
que je lui donne des photos de l'école primaire. Elle m'a dit que ça
lui redonnait vie ses retrouvailles.
Quelles ont été les moments forts de ce périple ? Il y a un an et demi, je suis retournée à Constantine. Il fallait
que je revoie les lieux de mon enfance, je finissais par me demander si je n'avais
pas rêvé tous ces souvenirs. Cinquante ans plus tard, la ville n'a
pas beaucoup changé. Par chance, j'ai même pu me glisser une minute
dans la cour de notre école pour faire une photo. Presque rien n'a changé...
Je me suis souvenue des igloos qu'on faisait dans la cour. Et oui, l'hiver, il
pouvait parfois tomber un mètre de neige en une nuit !
Quel est votre sentiment à présent ?
Je suis très heureuse, j'ai retrouvé toutes les personnes qui m'étaient
proches.