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13/05/2009
J'ai retrouvé mes collègues enseignants 35 ans plus tard
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Au début des années 1970, Bernard était un tout jeune enseignant lorsqu'il a rejoint l'université de Vincennes. Trois années au sein de cette université avant-gardiste l'ont façonné à jamais. Quand, trente-cinq ans plus tard, il reçoit une invitation pour revoir ces anciens collègues, il n'hésite pas une seconde... |
Copains d'avant : «Votre passage par l'université de Vincennes vous a beaucoup marqué. Pourquoi ?» Bernard : Je suis arrivé à l'université de Vincennes en tant qu'angliciste. J'avais tout juste 22 ans. L'université venait juste d'être créée et on y sentait l'empreinte de 1968. Il y avait une volonté de tout repenser, de créer des cursus nouveaux et des rapports nouveaux. Ça a été la première université à proposer l'entrée à l'université sans le bac, après quelques années de salariat. Nous avons vécu des moments délirants (des assemblées générales jusqu'à 4h du matin), une page d'Histoire... en toute modestie ! (rires). Il y avait un terreau spirituel incroyable, on y côtoyait des personnalités d'envergure dans divers domaines : philosophie, musicologie, urbanisme... Par exemple, l'écrivaine Hélène Cixous, le philosophe Jacques Lacan ou encore Jim Haynes, l'un des trois fondateurs du mouvement hippie.  | | | Mireille Azzoug, Bernard Gensane, Claude Traullet. © DR | | Copains d'avant : «Comment avez-vous renoué contact avec vos anciens collègues ?» Bernard : C'est grâce à l'initiative de Mireille Azzoug. Elle a réalisé une lettre d'information auprès des anciens anglicistes de Vincennes car l'université de Vincennes fête ses 40 ans. Elle nous a proposé de nous retrouver pendant les vacances de Pâques et a mis sur pied ces retrouvailles. Je dois dire que je n'ai pas hésité une seconde. A la fin de la lettre figurait la liste des abonnés, et avec une mention spéciale pour ceux qui nous avaient quitté. Ça m'a ému de lire tous ces noms. Copains d'avant : « Comment se sont passées les retrouvailles de vos anciens collègues ?» Bernard : C'était étonnant. Les « Tu n'as pas changé » fusaient. Ça m'a fait quelque chose de revoir Jim Hayes, de voir cet homme au passé révolutionnaire aux cheveux poivre et sel aujourd'hui. J'ai aussi revu avec Bernard Cassen, le fondateur d'Attac France et ancien directeur du Monde diplomatique. On a prévu de remettre ça dans cinq ans et j'espère bien pouvoir y être à nouveau.
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