L'un des plus beaux moments de ma vie
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Les années au pensionnat de jeunes filles de Tarascon, Maryse s'en souvient comme si c'était hier. De 9 à 16 ans, elle y étudie et vit encadrée par des religieuses. Lorsqu'elle découvre le site de Copains d'avant en mars dernier, elle retrouve la trace de quelques camarades. Et si on se revoyait 40 ans plus tard ? Un projet un peu fou qui ne lui a pas fait peur. |
Publié le 12/08/2009
Copains d'avant : Comment votre projet de retrouvailles a vu le jour ? Maryse : Je me suis mise à Internet il y a 16 mois de cela. Ma sœur et ma fille étaient inscrites sur Copains d'avant et m'ont invité à le faire. En remplissant mon parcours sur le site, je me suis aperçue que sept personnes étaient inscrites à l'école Saint-Joseph de Tarascon. De 1969 à 1974, ma sœur et moi fûmes pensionnaire dans cet établissement tenu par des religieuses. Cette époque m'a beaucoup marquée puisqu'à tout juste 9 ans, je retrouvais là, loin de mes parents, que je voyais trois à quatre fois dans l'année. Il n'y avait pas l'eau courante et une certaine discipline régnait. Je ne dis pas que j'ai été malheureuse mais enfin je n'ai pas vraiment eu d'adolescence.
Je suis tombée sur la fiche d'une ancienne copine qui travaille un hôtel des impôts et je lui ai envoyé une lettre directement là-bas. Elle m'a répondu que c'était bien elle et m'a parlé d'une autre copine. Et rapidement, j'ai retrouvé la trace de plusieurs anciennes camarades et je me suis dit que ce serait sympa de se revoir quarante ans plus tard.
Copains d'avant : Combien de personnes avez-vous retrouvées ? J'ai réussi à retrouver une trentaine de copines grâce au bouche-à-oreille, en cherchant dans l'annuaire et auprès des maires des villes de naissance. Tout ça en 4 mois seulement !
Copains d'avant : Où eurent lieu vos retrouvailles ?  | | | Photo des retrouvailles © DR | | Je voulais que ce soit dans notre ancienne école qui a fermé dans les années 2000. J'ai écrit à l'évêque pour savoir si certaines des religieuses étaient encore sur place. Il m'a donné le nom de la mère supérieure. J'ai donc pris contact avec elle. Les quelques sœurs, qui y vivent encore, furent ravies de mon initiative. Je voulais garder le suspens pour mes camarades et je leur ai donné rendez-vous le 18 juillet à 10h, rue Berga à Tarascon. Cela n'évoquait rien pour elles car le nom de la rue où se trouvait notre ancienne école a changé. Je leur avais dit qu'on me prêtait un hangar.
Copains d'avant : Quel fut le programme de cette journée ? Déjà notre arrivée à Tarascon n'est pas passée inaperçue. Il y avait une foire artisanale dans le centre-ville, ce sont les gendarmes qui nous ont ouvert les barrières et laisser passer le cortège de voitures ! J'avais organisé l'apéro dans le réfectoire de l'époque, puis nous avons déjeuné dans un restaurant. Avec l'accord du propriétaire, je me suis chargée de la déco des tables ; En plus de compositions florales, j'y ai mis des choses de notre enfance : des crayons de couleur, des gommes, des bonbons dont on se régalait (réglisse, roudoudou...). J'avais aussi apporté des cadeaux de Provence pour chacune et pour les religieuses.
 | | | Décoration des tables © DR | | Après le repas, nous avons visité notre établissement. Ce qui nous a frappé, c'est que tout nous semblait petit : le réfectoire, la cour, les dortoirs. Des odeurs, des images des huit années passées là me revenaient. A titre personnel, ce fut à la fois un pèlerinage et un deuil de revenir sur ces lieux qui m'avaient tant marquée. Copains d'avant : Qu'éprouvez-vous en repensant à ces retrouvailles ? J'ai donné mais j'ai aussi énormément reçu. Je revois le regard de mes anciennes camarades, un regard qui voulait dire merci. Avoir organisé ces retrouvailles est l'une des choses dont je suis le plus fière dans ma vie. Et l'histoire ne va pas s'arrêter là, puisque nous pensons nous revoir dès l'année prochaine.
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