• Christophe DALLONGEVILLE a publié Poesie

    J'ai retrouvé dans le grenier
    Tous mes vieux cahiers d'écolier

    J'ai retrouvé tout mon passé
    Tous mes espoirs de pauvre niais

    J'ai bien fouillé dans ce panier
    Panier d'osier,fallait oser

    Oser violer tout ce passé
    Ecriture molle et apeurée

    J'aime à remonter les années
    Plus j'avance et plus moi je vais

    Je vis un peu en arriéré
    En décalé,j'aime flashbacker

    • Christophe DALLONGEVILLE Si t'es con, si t'es con, Si t"es confiné Que le droit de sortir avec ton papier C'est aussi du papier que tu vas acheter Si t'es con, si t'es con, si t'es confiné, T'as le droit de promner, de promner l'Terrier Et surtout n'oublies pas d'aller voir mémé...CD

    • Christophe DALLONGEVILLE "C' est pas du RONSART c'est de l'Amerloque"....

    • Marc LAGRANGE Non, non, je ne veux pas, ô Vigne ! Ils auront beau
      Faire battre à ton front leurs ailes de corbeau
      Et sous un crêpe en deuil te voiler la figure,
      Je ne veux pas y croire, à leur croassement,
      Et je les chasserai, ma Belle-au-bois-dormant,
      Les oiseaux de sinistre augure.

      Car tu dors, certes ; mais, que sonne en ton sommeil
      La diane au chant clair par le matin vermeil,
      Et tes bras, forts dans leur souplesse de liane,
      S' étirant, tu seras debout, l' espoir aux yeux.
      O rêve ! Être celui qui, d' un clairon joyeux,
      Va ta la sonner, la diane !

      Mais ne crains rien ! Si je nai pas, moi, cet honneur,
      Ta diane à sonner fera naître un sonneur.
      C' est un vent d' héroïsme, au ciel nouveau, qui vente !
      Nous sommes quelques-uns encore qui taimons,
      Et par tout le pays, demain, à pleins poumons,
      Nous crierons : « La Vigne est vivante ! »

    • Christophe DALLONGEVILLE Tape sur nos systèmes

    • Christophe DALLONGEVILLE L'envie que toutr l'monde s'aime Le soleil donne Ce vieux désir super Qu'on s'rait tous un peu frères Le soleil donne

    • Christophe DALLONGEVILLE Le soleil donne... De l'or intelligent Le soleil donne La méme couleur aux gens

    • Christophe DALLONGEVILLE La méme couleur aux gens Gentiment MUSIQ VOULZY PAROLES SOUCHON

    • Marc LAGRANGE Nous crierons : « Regardez ! Elle a toujours vingt ans.
      « Regardez son beau corps que baise le printemps,
      « Son bois ressuscité, son front qui se relève,
      « Ses vrilles s' agrippant partout comme une main,
      « Et la pointe de ses bourgeons teints de carmin,
      « Sang rose à la pointe dun glaive ! »

      Nous crierons : « A l' assaut du soleil, regardez
      « Par ses soldats tous les coteaux escaladés
      « Sous de verts étendards couleur de l' espérance ! »
      Nous crierons : « Salut, Vigne, héritage divin !
      « L' âme de nos Aïeux est dans l' âme du vin. »
      Nous crierons à la France : « O France,

      « Aime la Vigne ! Ainsi ta mère ! Tu lui dois
      « La flamme de tes yeux, l' adresse de tes doigts,
      « L' essor de ton esprit qui fuse en étincelle,
      « Ton parler lumineux, ton mépris des dangers,
      « Et de voir, quand ton sol se couvre d' étrangers,
      « En jaillir Jeanne-la-Pucelle.

    • Marc LAGRANGE « France, France, chéris la Vigne ! A deux genoux
      « Adore-la. La Vigne est toi. La Vigne est nous.
      « Tu ne serais plus rien si la Vigne était morte.
      « Défends donc au houblon d' étouffer ton raisin !
      « Rouvre tes cabarets ! Rends à ton lourd voisin
      « Le poison jaune qu' il tapporte !

      « Laisse aux Gothons du nord leur bière, dont le flux
      « Boursoufle leurs corps mous au remous mamelus !
      « Toi, France, corps mignon, droit sur d' étroites hanches,
      « N' empâte plus ta chair de cet épais levain ;
      « Mais, avec le pain d' or de ton blé, bois ton vin
      « Dont la pourpre fait les dents blanches ! »


      JEAN RICHEPIN
      INTERLUDES 1923
      CHOIX
      DE
      POÉSIES
      1926

    • Marc LAGRANGE OISEAUX DE PASSAGE


      C' est une cour carrée et qui n' a rien d' étrange :
      Sur les flancs, l' écurie et l' étable au toit bas ;
      Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
      Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

      Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
      Dans sa berge de bois est immobile et dort.
      Tout plaqué de soleil, le purin à l' eau noire
      Luit le long du fumier gras et pailleté d' or.

      Loin de l' endroit humide où gît la couche grasse,
      Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
      Riche de grains d' avoine en poussière s' entasse,
      La poule l' éparpille à coups d' ongle et de bec...

    • Marc LAGRANGE Plus haut, entre les deux brancards d' une charrette,
      Un gros coq satisfait, gavé d' aise, assoupi,
      Hérissé, l' œil mi-clos recouvert par la crête,
      Ainsi qu' une couveuse en boule est accroupi.

      Des canards hébétés voguent, l' œil en extase.
      On dirait des rêveurs, quand soudain, s' arrêtant,
      Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
      Ils crèvent d' un plongeon les moires de l' étang.

      Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
      Montrent dans le soleil leurs écailles d' argent,
      Des pigeons violets aux reflets de turquoises
      De roucoulements sourds gonflent leur col changeant...

    • Marc LAGRANGE Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
      Fait tantôt de l' ébène et tantôt de l' émail,
      Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
      Semblent sur du velours des branches de corail.

      Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
      Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
      Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies ?
      Rentiers, faiseurs de lard, philistins, épiciers ?

      O vie heureuse des bourgeois ! qu' avril bourgeonne
      Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
      Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
      Ça lui suffit : il sait que l' amour n' a qu' un temps...

    • Marc LAGRANGE Ce dindon a toujours béni sa destinée.
      Et quand vient le moment de mourir, il faut voir
      Cette jeune oie en pleurs : « c' est là que je suis née ;
      Je meurs près de ma mère et j' ai fait mon devoir. »

      Son devoir ! c est-à-dire elle blâmait les choses
      Inutiles, car elle était desprit zélé ;
      Et, quand les papillons s' attardaient sur des roses,
      Elle cassait la fleur et mangeait l' être ailé.

      Elle a fait son devoir ! c' est à dire que oncques
      Elle n' eut de souhait impossible, elle n' eut
      Aucun de rêve de lune, aucun désir de jonque
      L' emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu...

    • Claudie MIRAN Y'a du soleil dans ma rue mais je ne sais pas quoi en faire
      Dans le jardin de la vertumne une elfe s'habille en guerrière
      Et moi qui ai rien d'un Mantegna, d'un Bellini, d'un Delacroix
      Je la peins sur les traits d'un rat
      Dans la poussière, les bras en croix

      Dans la poussière, les bras en croix

      Y'a du soleil dans sa rue

      Y'a du soleil dans ma rue mais je ne sais pas quoi en faire
      Je me sens comme un ange déchu qui se serait trompé d'atmosphère
      HUBERT FÉLIX THIEFAINE

    • Annie DELWEST Parmi les doux transports d'une amitié fidèle,
      Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours :
      Iris que j'aime encore, et que j'aimerai toujours,
      Brûlait des mêmes feux dont je brûlais pour elle :

      Quand, par l'ordre du ciel, une fièvre cruelle
      M'enleva cet objet de mes tendres amours ;
      Et, de tous mes plaisirs interrompant le cours,
      Me laissa de regrets une suite éternelle.

      Ah ! qu'un si rude coup étonna mes esprits !
      Que je versais de pleurs ! que je poussais de cris !
      De combien de douleurs ma douleur fut suivie !

      Iris, tu fus alors moins à plaindre que moi :
      Et, bien qu'un triste sort t'ait fait perdre la vie,
      Hélas ! en te perdant j'ai perdu plus que toi.

      Nicolas Boileau.

    • Marc LAGRANGE Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
      De ces grands souffles fous qu' on a dans le sommeil,
      Pour aller voir la nuit comment le ciel s' allume
      Et mourir au matin sur le cœur du soleil.

      Et tous sont ainsi faits ! vivre la même vie
      Toujours, pour ces gens-là cela n' est point hideux.
      Ce canard na qu' un bec, et n' eut jamais envie
      Ou de n' en plus avoir ou bien d' en avoir deux.

      Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
      Qu' ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
      Cinq pour cent ! quel bonheur de dormir dans la crasse,
      De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

      N' avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
      Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
      Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
      Un coucou régulier et garanti dix ans !

    • Claudie MIRAN Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
      Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
      J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
      Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

      Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
      Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
      Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
      Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

      Je ne regarderai ni lor du soir qui tombe,
      Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
      Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
      Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. Victor Hugo une façon d'échapper à sa douleur de perdre un être cher !!

    • Marc LAGRANGE Oh ! les gens bienheureux ! Tout à coup, dans l' espace,
      Si haut qu' il semble aller lentement, un grand vol
      En forme de triangle arrive, plane et passe,
      Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

      Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
      Qui brise les soupirs de leur col redressé,
      Et sautent dans le vide avec une culbute.
      Les dindons d' une voix tremblotante ont gloussé.

      Les poules picorant ont relevé la tête.
      Le coq, droit sur l' ergot, les deux ailes pendant,
      Clignant de l' œil en l' air et secouant le crête,
      Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

      Qu' est-ce que vous avez, bourgeois ? Soyez donc calmes.
      Pourquoi les appeler, sot ? Ils n' entendront pas,
      Et d' ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
      Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

    • Marc LAGRANGE Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
      Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
      Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages ;
      L' air qu' ils boivent ferait éclater vos poumons.

      Regardez-les ! Avant d' atteindre sa chimère,
      Plus d' un, l' aile rompue et du sang plein les yeux,
      Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
      Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

      Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
      Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
      Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
      Des assoiffés d' azur, des poètes, des fous.

      Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu' importe !
      Là-haut chante pour eux un mystère profond.
      A l' haleine du vent inconnu qui les porte
      Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont...

    • Marc LAGRANGE La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
      L' averse les inonde et pèse sur leur dos.
      Eux, dévorent l' abîme et chevauchent l' orage.
      Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

      Ils vont, par l' étendue ample, rois de l' espace.
      Là-bas ils trouveront de l' amour, du nouveau.
      Là-bas un bon soleil chauffera leur carcasse
      Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

      Là-bas, cest le pays de l' étrange et du rêve,
      C' est l' horizon perdu par delà les sommets,
      C' est le bleu paradis, c' est la lointaine grève
      Où votre espoir banal n' abordera jamais.

      Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
      Rien de vous ne pourra monter aussi qu' eux.
      Et le peu qui viendra d' eux à vous, cest leur fiente.
      Les bourgeois son troublés de voir passer les gueux.

      JEAN RICHEPIN
      LA CHANSON DES GUEUX
      CHOIX
      DE
      POÉSIES
      1926

    • Claudie MIRAN La chanson du souvenir.
      (1882)

      Dans le vol tremblant de l'heure
      Que nul ne peut retenir
      Passe lentement et pleure
      La chanson du souvenir.

      Et quand sa course l'emporte
      Plus loin que ne vont nos yeux,
      Plus d'une voix longtemps morte
      Murmure encor des adieux.

      Ainsi chaque heure envolée
      Du nid fragile des jours
      Nous fait plus inconsolée
      La perte de nos amours !


      Armand Silvestre

    • Marc LAGRANGE 22. NOURRITURES

      Quoi ! Vous n' avez pas lu tel roman ? tel poème ?
      Pas encore. Et je dirai même
      Que je consens à l' ignorer.
      Car vous, qui l' avez lu, je vous trouve si bête
      Que je ne puis me mettre en tête
      Quel profit l' on peut en tirer.

      Victor BERNARD
      EN TOUTE INNOCENCE
      1970

    • Claudie MIRAN Le moqueur moqué

      Un escargot

      Se croyant beau, se croyant gros,

      Se moquait d'une coccinelle.

      Elle était mince, elle était frêle

      Vraiment, avait-on jamais vu

      Un insecte aussi menu !

      Vint à passer une hirondelle

      Qui s'esbaudit du limaçon.

      - Quel brimborion! s'écria-t-elle,

      C'est le plus maigre du canton

      Vint à passer un caneton.

      - Cette hirondelle est minuscule,

      Voyez sa taille ridicule

      Dit-il d'un ton méprisant.

      Or, un faisan aperçut le canard et secoua la tête :

      - Quelle est cette minime bête ?

      Au corps si drôlement bâti ?

      On n'a jamais vu plus petit

      Un aigle qui planait, leur jeta ces paroles

      - Êtes-vous fous ? Êtes-vous folles ?

      Qui se moque du précédent

      Sera moqué par le suivant.

      Celui qui d'un autre se moque

      À propos de son bec, à propos de sa coque,

      De sa taille ou de son caquet,

      Risque à son tour d'être moqué.

      Pierre Gamarra

    • Marc LAGRANGE 21. UN SUCCES

      En lisant ce livre si bête,
      Et, quoique si court, plein d' ennui,
      On s' étonne qu' il vienne en tête
      Des productions d' aujourdhui.
      On se frotte les yeux, stupide
      De le voir si morne et si vide,
      Et si célèbre en même temps.
      On le relit, sans plus comprendre
      Pourquoi ce navet peut se vendre
      Mieux que tant de fruits consistants.
      Car seuls des gens très compétents
      Pourraient apporter la réponse
      Au questionnaire têtu,
      Toujours neuf, toujours rebattu,
      Que la goujaterie énonce
      Quand les hypocrites l' ont tu :
      « Qui connais-tu dans cette foire ?
      Et, pour coucher avec la gloire,
      D' abord, avec qui couches-tu ? »

      1969.
      Victor BERNARD
      EN TOUTE INNOCENCE
      1970

    • Marc LAGRANGE 11

      Après tant d' heures dénombrées
      Me voici penché sur tes yeux
      Et sous tes paupières ombrées
      Brille l' appel délicieux.
      Tu me tires hors de moi-même ;
      Je frémis, je tremble, je t' aime
      Avant d' être au creux du bonheur
      Où l' amour humain se déchire
      Et s' évanouit dans la fleur
      D' un inextinguible sourire.

      Amour, beau feu qui, par instants,
      Illumines la nuit des temps

      Robert HOUDELOT
      Amour en profil perdu
      Exemplaire N°483/600
      30 mai 1969